Comment j'ai repris la main sur ma collection de musique

16 juin 2026 • 12 min.

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Aussi loin que je me souvienne, la musique a toujours eu une place centrale dans ma vie. Au lycée, j'étais ce gamin avec un casque tout le temps vissé sur le crâne, un Discman dans la poche et des CDs plein le sac à dos. C'était l'époque de Korn, de Deftones ou encore Ska-P, mais aussi de Bjork, Alec Empire et Prodigy. Un peu plus tard, le hasard a voulu que je découvre les sound trackers, et j'ai pu produire ma propre musique. Ça a été un véritable pilier dans mon adolescence, et encore aujourd'hui la musique m'accompagne au quotidien et j'ai le privilège de pouvoir travailler en écoutant autant que je veux.

Bien évidemment, au fil du temps et avec l'évolution des technologies, j'ai pu amasser une très grande quantité d'albums, de mixes, sous plein de formes différentes. Et bien évidemment, grâce à l'explosion du MP3 et des torrents, ma collection n'a fait que grandir au fil du temps. Malheureusement, la qualité du format n'est pas toujours au rendez-vous, et certains albums que j'affectionne tout particulièrement ont atterri parfois sur mon disque dur en provenant de sources un peu douteuses.

Il y a quelques mois, je me suis donné pour objectif de reprendre en main ma collection musicale, éparpillée entre quelques centaines de CDs, des milliers de fichiers MP3 de différente qualité, et des services de streaming qui deviennent de plus en plus pauvres.

Dans cet article, je fais un petit état des lieux de la situation actuelle, et les outils que j'ai utilisé pour me construire une bibliothèque musicale organisée, agréable à utiliser, mais surtout dont je suis le propriétaire à 100%.

Comment j'en suis arrivé là

Comme je le disais, la musique m'a toujours accompagné. En réalité, je pourrais dire sans exagérer que ma vie a littéralement changé pour toujours il y a un peu plus de 25 ans, lorsque j'ai écouté les premières notes de l'album Tri Repetae du groupe Autechre.

Je me souviens de ce jour comme si c'était hier : nous étions en ballade à la FNAC avec mon ami Louis, comme nous le faisions souvent le samedi. C'était l'époque où le CD régnait en maître absolu sur les ventes musicales. Sur les étals, la cassette était morte depuis un moment, et le vinyle était un peu considéré comme un média pauvre et peu pratique, réservé aux DJs et à nos parents.

C'était aussi l'époque où pour écouter un album avant de l'acheter, il fallait se rendre dans un endroit très spécial situé en plein milieu du magasin. Là, trônaient des colonnes noires, avec sur leur façade un simple affichage LCD à 8 segments, et des boutons. Il fallait alors donner le précieux objet à un employé dont l'occupation principale était d'ouvrir la boîte cristal, sortir la galette de plastique pour la mettre dans une platine, et nous donner un numéro correspondant à la borne qui nous était désignée. Et nous étions là, une dizaine d'inconnus, debout face à ces monolithes de plastique, chacun dans sa bulle.

Et quand j'écris que cela a changé ma vie, je pèse mes mots. Ce jour-là, un univers créatif m'a ouvert ses portes. J'écoutais une musique qui me paraissait irréelle, et qui pourtant semblait me parler directement.

Autechre - Tri Repetae, là d'où tout est parti.

Autechre - Tri Repetae, là d'où tout est parti.

Comme je le disais plus haut, la coïncidence a voulu que quelques mois plus tard je découvrais les sound trackers, ces logiciels qui permettaient de mettre bout à bout des samples, et donnaient la main à qui le voulait de créer des morceaux. Et pendant plusieurs années, je me suis attelé à écouter et composer de la musique. C'était une époque formidable où j'ai découvert d'autres artistes que j'écoute toujours aujourd'hui : Aphex Twin, Photek, Dntel, Telefon Tel Aviv, Clark, Funkstörung, et tant d'autres...

Les choses évoluent en pire

Au fil des ans, je me suis mis comme beaucoup à consommer la musique autrement. Des CDs, nous sommes tous passés aux MP3 grâce à la magie d'internet, de Napster et Soulseek. Malheureusement la révolution MP3 s'accompagnait souvent d'une qualité d'écoute amoindrie, à cause des taux de compressions élevés qui étaient souvent utilisés pour distribuer les fichiers. Les plus chanceux qui étaient en ADSL pouvaient se permettre des taux de compression de 192 kbps, mais pour nous, pauvres mortels, le 128 kbps était le roi.

Et depuis quelques années, je consomme comme beaucoup la majorité de ma musique via Spotify. Du jour au lendemain, le besoin de posséder une collection de CDs devenait caduque. Le fait de pouvoir avoir toutes ses playlists et ses albums dans la poche, le tout synchronisé avec son ordinateur de bureau et portable instantanément, est aussi un argument très fort. Et que d'économies ! Payer 15 €, le prix d'un seul CD, pour avoir à disposition un catalogue de plusieurs millions de titres ? C'est donné !

Seulement voilà, suivant le principe de Merdification, la qualité de service de Spotify n'a cessé de se dégrader au fil des ans. Je passerai sur son UX désastreuse qui empire à chaque mise à jour, cela pourrait être le sujet d'un article dédié. Je ne m'étalerai pas non plus sur la qualité de streaming qui est soit-disant en deçà de la concurrence : Spotify permet une écoute en 320 kbps, et soyons honnêtes, rares sont ceux qui pourraient faire la différence entre ce bitrate et un support original, surtout si c'est pour écouter sa musique en voiture ou en faisant du sport.

Ce qui me frustre au plus haut point, c'est de voir des morceaux soudainement disparaître au milieu d'albums que j'ai l'habitude d'écouter, ou encore de ne simplement plus avoir le droit de streamer certains albums, pour d'obscurs problèmes de droit d'auteur. Et étant un grand amateur de Rap, j'avoue ne pas être fan de devoir faire avec les versions édulcorées et censurées de mes morceaux favoris. Et puis tout n'est pas disponible. Certaines anciennes sorties, un peu obscures, ou des albums édités par des labels indépendants ne se trouvent tout simplement pas sur Spotify. Et puis il y a l'explosion de la musique générée par IA, les algorithmes de découverte qui sont totalement biaisés. Bref, rester maître de ce que l'on aime devient de plus en plus difficile, et s'ensuit un appauvrissement de la qualité générale de ce que l'on consomme.

Pour des raisons obscures de droits d'auteur ou contrat, Spotify ne permet plus de streamer certains morceaux (en gris dans la liste).

Pour des raisons obscures de droits d'auteur ou contrat, Spotify ne permet plus de streamer certains morceaux (en gris dans la liste).

C'est pour toutes ces raisons que j'ai pris la décision de reprendre la main sur ma collection de musique.

Et cette décision est motivée par plusieurs buts : faire une sauvegarde d'archivage, mais aussi et surtout redécouvrir des morceaux qui m'ont fait vibrer, et qui sont souvent indisponibles sur les plateformes de streaming. Car c'est là aussi l'avantage d'être le seul décisionnaire de ce que l'on écoute : énormément de musique, publiée à une époque où le streaming n'existait pas, n'est simplement pas disponible sur ces plateformes. Le but est donc de me reconnecter avec la musique que j'ai choisie. L'idée, c'est d'avoir un rapport différent avec ma consommation musicale, la rendre voulue et maîtrisée.

C'est une décision qui est passée par un travail fastidieux de classement et d'encodage que je vais détailler dans la suite de ce billet. Cela a aussi créé une sorte de friction qui au final s'est avérée utile et nécessaire, voire salutaire, car de ce travail fait en amont découle un véritable plaisir à écouter un album, bien au-delà de la consommation d'un produit ou d'un service.

Les outils utilisés

Avant de mettre en place le plan d'action, je vais détailler ici les outils que j'ai utilisé pour mener à bien ce projet :

Fre:ac

La pierre angulaire de ce système réside dans le logiciel utilisé pour l'encodage de mes CDs. Pour cela, j'ai décidé d'utiliser Fre:ac, qui a l'avantage d'être disponible pour Windows et Linux. Je ne ferai pas ici de tutoriel détaillé sur l'utilisation du logiciel, mais je vais tout de même décrire la stratégie de compression que j'ai mis en place :

  1. Les albums sont encodés en FLAC.

C'est un format qui a l'avantage de ne pas être destructeur de la qualité audio, contrairement au format MP3, et il me permet donc de conserver toute la clarté des CDs en faisant une économie substantielle sur l'espace disque utilisé. J'ai tout de même pris la peine d'utiliser le preset V8, un peu plus consommateur en ressources à la compression, mais c'est normalement quelque chose que je n'aurai à faire qu'une seule fois, et la puissance des machines que nous utilisons est telle que le temps utilisé pour la phase de compression numérique devient trivial aujourd'hui.

  1. J'utilise une stratégie de nommage définie et constante.

Je la décris un peu plus loin dans cet article : les albums répondent tous à la même nommenclature de nommage pour leurs fichiers et dossiers.

  1. Les rips sauvegardés sont comparés à la base de données AccurateRip.

C'est une base de données qui permet de comparer des signatures numériques et s'assurer que le rip effectué est bien une copie bit à bit de l'original. Cela me permet simplement d'avoir l'esprit tranquille et de ne pas forcément à devoir écouter chaque encodage que je fais dans sa totalité. Et si par mégarde le disque original est abîmé, je peux en reproduire une copie parfaite au besoin.

  1. J'enregistre avec les fichiers de chaque CDs plusieurs choses :

Un fichier cover.jpg qui contient la pochette de l'album en haute résolution, et optionnellement un fichier .cue dans le cas où je souhaite graver un CD correspondant bit pour bit à l'original, et un fichier .log qui contient des informations sur le rip.

Fre:ac en pleine action.

Fre:ac en pleine action.

Cover Search Engine

Pour récupérer des images de couverture en grand format, j'utilise Cover Search Engine, un outil créé, il me semble, par des Redditeur de /r/musichoarder, une communauté de passionnés dont le passe-temps favori est d'accumuler et stocker un maximum de musique.

Discogs

Dans les rares cas où les autres logiciels ne sont pas capables d'intégrer les tags de manière automatique, je vais fouiller dans Discogs pour retrouver certaines information cruciales sur les tracklists ou genre d'un album qui peut être un peu particulier.

La nomenclature de nommage

C'est certainement un point aussi important que le choix du format de stockage : comment organiser ses fichiers. Pour trouver le meilleur système, je me suis inspiré de conseils glanés sur /r/musichoarder. Le but ici est d'avoir non seulement un système de nommage qui ait du sens, mais surtout qui soit consistant sur l'intégralité de la collection. Le système doit prévoir la présence d'album s'étalant sur plusieurs disques, mais aussi les compilations et les CDs de mix.

À noter que même si c'est une chose importante, il vaut mieux passer du temps sur les tags des fichiers : ce sont eux qui vont servir de boussole au logiciel de gestion de la bibliothèque musicale. Techniquement, on pourrait avoir tous ses fichiers en vrac à la racine d'un répertoire, et si ces derniers sont bien taggés cela ne devrait pas poser de problème. Mais parfois, il peut être utile de parcourir sa bibliothèque en utilisant un navigateur de fichiers, et un système de nommage clair et consistant devient extrêmement pratique.

J'ai donc choisi une nomenclature qui classe les albums d'abord par artiste (un artiste par répertoire, avec un dossier un peu spécial appelé Various Artists pour les compilations). Dans chacun de ces dossiers, j'utilise un sous-dossier par album, avec l'année de sortie en premier et entre crochets. Cela permet un classement naturel des albums par date de sortie. Enfin, dans chacun de ces dossiers d'albums, j'ai les fichiers musicaux en eux-même, selon un nommage très simple XX - titre.flax. À cette règle principale s'appliquent quelques petites règles supplémentaires :

  • Si un album est une compilation, les fichiers sont nommés XX - artiste - titre.flax
  • Si un album s'étend sur plusieurs CDs, ils se retrouvent chacun dans un dossier dédié appelé CD1, CD2, etc...
  • Les deux règles précédentes peuvent se combiner dans le cas d'une compilation qui s'étend sur plusieurs CDs.
  • Enfin, dans le cadre d'une compilation, je stocke le genre de la compilation avec le nom de l'album: Various Artists/[2001] The Braindance Coincidence [Electronic]

Enfin, dans chacun des dossiers, je stocke en parallèle des fichiers musicaux trois fichiers : la couverture de l'album en grand format, un fichier .cue pour éventuellement graver une copie de l'album, et un fichier .log qui reprend les informations de compression.

Ainsi, dans le cas par exemple de l'album The Geist of Alec Empire, qui est une compilation dispersée sur 3 CDs, la nommenclature des fichiers ressemble à ça :

Alec Empire/
└── [1997] The Geist of Alec Empire/
    ├── CD1/
    │   ├── 01 - 22:24.flac
    │   ├── 02 - Kick Some Soul pt. 2.flac
    │   ├── 03 - Kick Some Soul pt. 1.flac
    │   ├── ...
    │   ├── Alec Empire - [1997] The Geist of Alec Empire (CD1).cue
    │   ├── Alec Empire - [1997] The Geist of Alec Empire (CD1).log
    │   └── cover.jpg
    ├── CD2/
    │   ├── 01 - Sieg Uber Die Mayday HJ.flac
    │   ├── 02 - Get Some.flac
    │   ├── 03 - Low on Ice.flac
    │   ├── ...
    │   ├── Alec Empire - [1997] The Geist of Alec Empire (CD2).cue
    │   ├── Alec Empire - [1997] The Geist of Alec Empire (CD2).log
    │   └── cover.jpg
    └── CD3/
        ├── 01 - The Sun Hurts My Eyes.flac
        ├── 02 - The Report.flac
        ├── 03 - SuEcide.flac
        ├── ...
        ├── Alec Empire - [1997] The Geist of Alec Empire (CD3).cue
        ├── Alec Empire - [1997] The Geist of Alec Empire (CD3).log
        └── cover.jpg

L'idée est ainsi d'avoir une organisation des fichiers qui a du sens, et se reposer sur le système de tag intégré pour pouvoir retrouver un artiste / album / genre le plus facilement possible. Cela facilite l'écoute de certains albums aussi, comme par exemple NTS Sessions 1-4 d'Autechre, qui a la particularité de durer 8 heures. Je suis donc dans la logique de 1 disque physique = 1 dossier.

Il est à noter cependant que certaines décisions doivent être prises, notamment sur le genre musical. Parfois ces choix sont délibérés : j'ai cité plusieurs fois Autechre dans cet article. C'est un groupe que je classe automatiquement dans le genre « IDM » et pas en « Electronic », là où d'autres se contentent d'un genre un peu plus général. Dans le doute, je consulte Discogs.

Musicbrainz Picard

Second logiciel le plus important après Fre:ac, Picard permet d'inscrire les tags (les métadonnées des albums) depuis une base de données centralisée et normalisée, véritable encyclopédie universelle qui regroupe des millions de titres.

La grande force de Picard est sa capacité d'analyse des morceaux grâce à leur signature auditive, outil très pratique dans les rares cas où on aurait des fichiers non ou mal taggés.

Enfin, grâce à son système de script intégré, Picard peut en un seul clic renommer les fichiers qu'on lui donne (et qu'on a groupé en « grappes ») en respectant une nomenclature que l'on a décidé. Ainsi, si je reprends le système de nommage dont je parlais plus haut, voici le script que j'utilise :

$if($eq(%albumartist%,Various Artists),
    Various Artists/[$left(%originaldate%,4)] %album% [%genre%]/
    $if($gt(%totaldiscs%,1),CD%discnumber%/,)
    %discnumber%$num(%tracknumber%,2) - %artist% - %title%,
    %albumartist%/[$left(%originaldate%,4)]/
    $if($gt(%totaldiscs%,1),CD%discnumber%/%discnumber%-,)$num(%tracknumber%,2) - %title%
)

Pour décrire ce que fait ce script :

  • Si l'artiste de l'album est « Various Artists », on crée un dossier correspondant,
  • Si l'album s'étend sur plusieurs CDs, on crée autant de dossiers qu'il y a de supports,
  • L'année de l'album est en premier avant le nom, entre crochets,
  • Les pistes sont nommées avec leur numéro suivi du titre.
Après le rip, Picard range les fichiers et applique les bons tags.

Après le rip, Picard range les fichiers et applique les bons tags.

Plan d'action

La théorie est en place et les règles sont définies, il est temps de passer à l'action.

La première phase a été de trier toute la collection de fichiers MP3 que j'avais déjà. Pour cela, j'ai suivi deux règles très simples :

  • Si je n'écoute plus cet album, ou si pour une raison quelconque l'album n'est pas complet → poubelle.
  • Si je possède le CD, je rip à nouveau l'album.
  • Si je ne possède pas le CD, je tagge correctement l'album.
  • Si je ne possède pas le CD et que la qualité du MP3 est inférieure à 320 kbps, je rachète l'album (soit en physique, soit via Bandcamp).

Ce plan d'action est simple, mais il m'aura fallu pas loin de 4 mois pour arriver à bout des 9 500 titres, éparpillé sur plus de 700 albums et pas loin de 400 artistes différents constituant ma bibliothèque musicale.

J'ai pu ensuite redécouvrir le plaisir d'acheter des CDs dans des magasins de surplus et d'occasion, suivre les précieux conseils du responsable du rayon musique de ma médiathèque locale, et durant ces derniers mois j'ai finalement découvert plus de musique que durant les dernières années à consommer passivement via Spotify.

Après 30 ans d'écoute, certains disques sont trop abimés pour être converti en FLAC, et j'ai dû en racheter plusieurs. On remarque aussi la différence de pressage sur l'imprimé à l'intérieur.

Après 30 ans d'écoute, certains disques sont trop abimés pour être converti en FLAC, et j'ai dû en racheter plusieurs. On remarque aussi la différence de pressage sur l'imprimé à l'intérieur.

Backup et stockage longue durée

Bien évidemment, un tel travail mérite une solution de sauvegarde pérenne. Pour cela, j'ai opté pour une solution simple : toute ma collection est sauvegardée sur deux disques différents (inhérent à ma configuration actuelle où j'ai deux OS différents), ainsi qu'un disque dur externe. Enfin, pour palier à un éventuel problème lié au stockage et répondre à la règle des 3-2-1, j'utilise un service de stockage « froid » de chez Scaleway.

Créer son propre Spotify

Malgré cette solution de sauvegarde sûre et éprouvée, je me suis vite rendu compte qu'elle n'était pas tenable sur le long terme. Devoir synchroniser deux bibliothèques (sur mon PC principal et mon laptop) est fastidieux. Je pourrais bien évidemment utiliser un outil comme Syncthing, mais cela ne solutionnait pas un autre problème de taille : l'écoute en nomade.

J'ai donc pris la décision de louer un serveur et installer dessus Navidrome. Je peux facilement y synchroniser l'intégralité de ma bibliothèque grâce à rsync, et j'ai accès à toute ma musique, où que je sois dans le monde.

Sur mes ordinateurs, je suis donc passé de Lolypop à Feishin, un client Open Source qui me permet de me connecter directement à mon serveur Navidrome.

Enfin, sur mon téléphone Android, j'ai acheté Symfonium. Compatible Android Auto, supportant le gapless playback, cette application est tout simplement incroyable de fonctionnalité et de praticité.

Feishin, mon client Navidrome.

Feishin, mon client Navidrome.

Last.fm

Dernière addition au système : Last.fm. C'est un site internet proposant un système de collecte de statistiques et de recommandation de musique. En entrant simplement une clé API dans Navidrome, j'alimente ainsi une base de données de ce que j'écoute, de manière totalement transparente. Cela me donne donc non seulement des statistiques sur mes habitudes d'écoute mais je profite pleinement de la base de connaissances du site pour avoir des recommandations pertinentes, et découvrir ainsi de nouveaux artistes ou albums qui correspondent à mes goûts.

Conclusion / La suite

Et donc voilà, j'ai maintenant ma collection musicale sauvegardée, dans la meilleure qualité possible, et je peux y accéder depuis n'importe où. C'est une collection qui m'appartient intégralement et sur laquelle j'ai un contrôle total, sans être tributaire de droits d'auteurs ou d'aucune censure.

Au fil de cette expérience, il m'aura fallu accepter que le système parfait n'existe pas : certains rips n'arrivent pas à être validés avec AccurateRip, d'autres n'existent simplement pas dans la base de données. En cherchant sur les forums d'Hydrogen Audio, je me suis rendu compte qu'effectivement, et pour une raison que je ne saurais expliquer, certains pressages sont impossibles à ripper de manière parfaite. Heureusement, il existe deux possibilités : faire confiance dans le logiciel de copie qui est capable au pire de comparer les signaux d'entrée et de sortie qui passent par le compresseur, et tout simplement croire en son oreille. Dans le pire des cas, si un album ne peut pas être une copie parfaite au bit près, mais qu'il sonne bien à l'écoute et qu'on ne distingue aucune erreur flagrante, est-ce si grave ?

Mettre en place un tel système n'aura pas été simple, mais finalement le jeu en valait la chandelle. Aujourd'hui, j'apprécie encore plus ce que j'écoute, dans des conditions que je dicte et sans crainte de voir un morceau ou un album disparaître de ma bibliothèque sans raison. Je n'ai jamais autant « consommé » de musique que maintenant, et racheter des CDs physiques ou un album via Bandcamp est un réel plaisir.

Évidemment, on pourrait dire que ne plus pouvoir écouter n'importe quelle musique à n'importe quel moment crée une adhérence qui peut apporter un peu de frustration. Mais cette « frustration » n'est que temporaire, le temps d'acquérir le CD, et elle est considérablement compensée par le plaisir du rapport physique au média, et à celui de véritablement posséder sa collection.


Crédits de couverture : Phil Hearing.